C’est la belle nuit de noël
C’est la belle nuit de noël.
Dans même pas dix jours je serai auprès de Xian.
Mon père c’est enfin décider à m’envoyer en France.
Faut dire que plus un seul lycée au Japon, qu’il soit public ou privé ne veut m’accepter.
Même avec la force de son pognon, il a rien put y faire.
Remarque, je me demande comment il a fait pour me faire accepter dans le lycée de Xian…
Il aurait trafiqué mon dossier que ça m’étonnerait pas…
Enfin, j’ai vraiment pas envie de penser à tout ça.
Qui vivra verra comme on dit et puis je crois pas que quoi que se soit puisse être pire qu’ici.
Je m’installe un peu plus confortablement sur mon lit et croise mes bras au dessus de mes yeux pour éviter à la lumière crue de ma chambre de m’aveugler plus longtemps.
C’est noël.
Dire que ça va faire un an déjà.
Un an jour pour jour que je l’ai rencontré.
Satsuki Awayaka.
Satsuki, Satsuki, Satsuki.
Ce nom, que j’adore ou que j’exècre, allez savoir, il retenti dans ma tête, encore et encore.
De toute façon, quelque soit le sentiment qu’il m’inspire, le résultat est le même.
L’obsession.
Ah Satsuki……
Je ne crois pas que quiconque puisse la décrire, la transmettre véritablement.
Traduire sa dualité,
Sa bonté/ cruauté,
Sa douceur/ violence,
Sa beauté/ laideur.
Rien, ni personne, pas même moi.
Satsuki, belle Satsuki, angélique Satsuki…
Immonde créature malfaisante….
Je l’avais rencontré pour la première fois le soir de noël, dans le métro.
Le 24 décembre, 23h31, la nuit de tous les miracles….
Comme ce soir………
J’avais longtemps cru qu’un ange m’était apparu, délicieuse envoyée du ciel venue pour me soulager des malheurs qui m’accablaient à la maison depuis que Xian était partie en France avec ma mère.
J’ai payé très cher mon erreur.
Mais après tout, les démons ont bien un jour été des anges non ?
Et puis, d’une certaine manière, je lui suis reconnaissant.
Si ce soir là je ne l’avais pas rencontré, je me serais probablement tué.
Plus que probable d’ailleurs.
Ouais dans ma collection de bons souvenirs, qui n’est pas très grande mais bon… les souvenirs que j’ai d’elle ont une grande place.
Même si après elle a tenté de me détruire…...
Pour détruire faut avoir quelque chose à détruire non ?
J’ai pas envie de me dire que ce soir là, elle m’avait sauvé pour mieux me briser plus tard, de ses propre mains……
Non, je préfère me dire qu’elle voulait réellement m’aider, qu’elle m’a aimé… qu’elle m’aime encore…..
Quand j’y repense, Satsuki est sûrement la seule personne dont je sois réellement tomber amoureux.
En tout cas si c’était pas de l’amour, ça y ressemblait…
Je crois… je ne peux pas trop m’avancer là-dessus, à part Xian, je n’ai jamais aimé personne… et Xian, c’est quand même ma sœur.
On était donc le 24 et hélas mon père avait décidé de « discuté » avec moi avant sa petite réception de bienfaisance ou un autre truc du genre.
Comme ce soir d’ailleurs.
Juste un bleu sur le ventre et un poignet foulé, rien de bien méchant par rapport à l’année dernière donc.
Ouais, l’année dernière… il s’était bien lâché….
Mais j’avais réussi, dieu seul savait comment à mettre les voiles et je m’étais retrouvé dans un métro pratiquement vide, en chemise, tremblant de froid, de peur, complètement cassé pas la douleur des coups que j’avais reçu.
Perdu et malade, sans espoir.
Pas comme ce soir.
Nan, dans dix jour je quitte cette baraque, pour le meilleur ou pour le pire, mais je pars.
Je me souviens que l’idée d’aller chez une de mes conquêtes m’avait traversé l’esprit mais mon père les connaissait toutes et l’idée de rentrer à la maison me terrorisait plus que tout au monde.
Le visage collé contre la vitre glacée du train, j’avais regardé le paysage urbain défiler devant mes yeux de la façon la plus morne et désespérante qui fut.
Il ne neigeait pas mais le ciel était gris et l’air sec et froid.
J’avais frotté doucement mes mains l’une contre l’autre, essayant d’imaginer que l’une d’elle était celle de Xian et que la paroi contre laquelle je m’appuyais était son corps contre lequel je me blottissais.
Evidemment c’était faux.
J’étais seul dans ce métro et je n’avais pas assez d’imagination pour me persuader de la présence de ma jumelle auprès de moi.
Même s’il m’arrivait parfois de pouvoir la sentir dans ma tête, fugacement, un peu comme le souvenir d’un rêve au matin. Oui, je ne pouvais pas le définir concrètement ou l’expliqué mais je savais quand elle était là.
Comme en ce moment même.
Mais ce soir là hélas, elle n’était pas là.
Trop loin peut-être, je ne sais pas.
Et même si elle avait été là, dans ma tête, ce n’aurait pas été suffisant. J’avais tellement besoin de sa présence physique.
De sa chaleur, de sa douceur.
Mais j’étais seul.
Si seul.
Comme maintenant.
Le train avait stoppé et quelqu’un était monté.
Je n’y avais pas vraiment fait attention.
Trop perdu dans mes sombres considérations j’imagine.
Un truc du genre :
« Au terminus je sors de ce train et je me balance d’un immeuble ou d’un pont ou de n’importe quoi du moment que se soit terminé ».
.J’étais persuader qu’il n’y avait pas d’autre solution.
Et peut-être que c’était vrai….
Est-ce que je regrette ?
Putain, ouais.
C’était donc les seules pensées qui parcouraient mon esprit à se moment là.
Et c’est aussi à cet instant que j’avais sentit un châle en laine glisser autour de mes épaules.
J’avais brusquement relevé les yeux et je l’avais trouvé, penché au dessus de moi, ce sourire si tendre et bienveillant inscrit sur son visage.
Même maintenant, même après tout ce qu’elle m’a fait… ce sourire…
Quand Satsuki souriait ce n’était pas seulement ses lèvres qui souriait.
Ses yeux, son front, ses joues, tout les trait de son visage accompagnait ses lèvres et alors elle se mettait à rayonner comme un ange.
Dieu, je crois que je l’ai aimé à l’instant ou je l’ai vu sourire.
- Vous aller bien ? Elle m’avait demandé de son adorable voix enfantine.
J’avais rien dit.
Subjugué par sa beauté et son charme.
Elle portait une lourde robe en laine crème et un manteau blanc, un bonnet de même couleur était enfoncé sur sa tête et de longue même noires et soyeuses s’en échappait pour venir balayer le bas de ses reins.
Son visage était très joli quoique assez banal.
Une japonaise de 28 ans type.
Mais quand elle souriait………
J’avais été subjugué mais pas attrapé.
J’étais méfiant.
J’aurais peut-être du le rester.
Je m’étais relevé brusquement et lui avait rendu son châle avec un air de profond mépris que je réservais d’habitude aux mecs que je plaquais.
- Ouais merci, et j’étais sorti du métro qui venait de s’arrêter.
Elle m’avait suivit, je m’étais mis à courir et dieu seul savait pourquoi elle s’était mise à courir aussi.
On avait donc courut longtemps, comme ça, à travers les quartiers déserts.
Il faisait nuit et je ne serais sûrement pas capable de dire ou nous nous trouvions exactement à ce moment.
Tout ce que je sais, c’est qu’épuisé, j’avais finit par tourné dans une petite ruelle et par me laisser tomber au milieu des ordures qui traînaient là.
Elle m’avait rejoint quelques minutes plus tard, complètement échevelé, les joues rougis par le froid et l’effort.
Nous étions resté un long moment sans parler, reprenant notre souffle puis elle avait dit.
- Je...Je m’appelle Satsuki Awayaka…. Et ...toi ?
Suprême audace pour une japonaise.
Me dire son prénom, me tutoyer.
Même si j’étais jeune…
En y réfléchissant bien je me dis que ce qui l’avais pousser à me poursuivre cette nuit là c’était la solitude tout simplement.
La solitude est la plus douloureuse des souffrances.
On ne la sent pas au début, mais peut à peu elle s’insinue en vous, elle s’enroule autour de vous comme un serpent géant, elle sert, broie et étouffe jusqu’à ce que, pousser dans nos dernier retranchement, on fasse ce qu’on aurait jamais fait en temps normal.
Une tentative de suicide pour moi.
Poursuivre un inconnu dans la rue pour elle.
- Mais qu’est ce que vous voulez ?? Vous êtes tarée ou quoi ?!
Elle avait alors eut l’air si perdu et pourtant si tendre que je n’avais pas eut le courage de continué à l’insultée aussi vertement.
Après un nouvel instant de silence, elle avait de nouveau glissé son châle autour de mes épaules.
- C’est parce que tu as l’air d’avoir froid, m’avait t’elle murmuré en tordant ses mains nerveusement.
Elle avait eut peur que je l’a rejette.
Une peur bleue, c’était trop évident.
Et moi, moi…
D’une certaine manière j’avais eut peur qu’elle parte.
- Je...Je n’habite pas loin…
- Vous êtes pas mon type, désolé.
Elle avait rit pendant une bonne minute.
Son rire…
Comme son sourire.
Un soleil, une étoile.
Quelque chose qui brille, qui réchauffe…
Je crois que c’est son rire qui m’avait décidé à prendre la main pâle et douce qu’elle m’avait tendu et à la suivre à travers les rues sombres.
Chez elle c’est petit mais douillet et franchement joli.
Il n’y avait que deux pièces.
Une grande faisant office de cuisine, salon et chambre et l’autre contenant la salle de bain et les WC.
Un appart de fille, avec des gros coussins rebondis et colorées, des appliques adorable et des tableaux charmants partout.
J’étais tellement crade que j’avais pas osé m’asseoir.
Elle avait du me prendre par les épaules et m’installer elle-même.
Au fond, c’est là que j’aurais dû me rendre compte qu’elle avait un grain.
Chez elle c’était trop beau et trop propre, trop adorable, comme elle.
Et qu’elle personne saine d’esprit inviterais un parfait inconnu chez elle ?
Je dis ça mais comme j’étais, et je suis toujours d’ailleurs un peu tordu moi-même, je ne pouvais pas trop jugé.
Mais la différence entre elle et moi, c’était que moi, je savais que j’allais mal.
Elle non.
Elle m’avait fait du thé et soigné aussi bien que le lui permettait sa petite boite à pharmacie.
Et en sentant ses longs doigts pâles étaler la crème sur l’hématome qui prenait forme sur ma joue, je m’étais mis à pleurer.
Elle avait sourit doucement et avait juste dit :
- Il est minuit... Joyeux noël.
-... Joyeux noël…. Awayaka-san……
Ouais, le plus beau noël de ma vie.
Est-ce qu’elle est chez elle en ce moment ?
Est-ce qu’elle repense à ce jour comme moi ?
Est-ce qu’elle regrette…. Quelque chose ?
Est-ce qu’elle me hait ?
Sûrement…..
J’ai envie de pleurer, seul sur mon lit.
Je ne peux même pas éteindre la lumière parce que si je me je me retrouve dans le noir je vais réellement pleurer.
Je ne pleurerais pas.
Pas à cause d’elle.
Pas encore.
Encore une semaine.
Dans une semaine, je reverrais Xian et ça ira mieux.
Je recommence à zéro et ça ira.
Je tends le bras pour attraper mon portable et je compose son numéro.
Je le connais par cœur.
Je devrais pas l’appeler mais mes doigts bouge tout seul.
Elle me raccrochera sûrement au nez et ce sera temps mieux par ce que je ne veux pas lui parler.
Je la hais.
Mais j’ai trop de regret.
Je peux pas recommencer ma vie dans ces conditions.
J’ai besoin de lui dire.
Je l’aime.
Quelqu’un décroche.
Je sais que c’est elle et elle sait que c’est moi.
Je suis pas extra lucide mais je le sais.
Je le sens.
J’avale ma salive difficilement.
Je n’ai que quatre mots à dire et pourtant….
- Joyeux noël Awayaka-san…..
- ... Joyeux noël Siao……..
Elle pleure doucement et moi aussi.
Je raccroche vite.
Avant qu’elle ne m’ôte tout courage.
Il est minuit à ma montre.
Je ferme les yeux.
Je peux enfin dormir.