Published : 7 months, 3 weeks ago (Sun, 19 Apr 2009 10:24:33 PDT) Searched: http://grenzlos.livejournal.com/192208.html 0 links Related posts
Старая рецензия в «POLITICA HERMETICA» на VIII-й том «ВОЛШЕБНОЙ ГОРЫ» В 17-ом выпуске ведущего французского традиционалистского альманаха POLITICA HERMETICA (№17 – 2003, Editions L’Age d’Homme) была опубликована рецензия на VIII том «ВОЛШЕБНОЙ ГОРЫ». Ниже французский оригинал рецензии. Каждый выпуск «Politica Hermetica» является тематическим и составляется по материалам ежегодных конференций, проводящихся под вывеской одноимённой ассоциации. Бессменным руководителем «Politica Hermetica» является учёный и традиционалист, профессор Сорбонны Жан-Пьер Лоран. Он является автором книг «Скрытый смысл в трудах Рене Генона» (Лозанна, 1975), «Ключ к символизму Мелитона из Сардеса», «Исследования символизма в XIX веке» (Париж, 1979), «Матжиои, даосский искатель приключений» (Париж, 1982), «Символизм и письменность. Кардинал Питра и ключ Мелитона из Сардеса» (Париж, 1988), «Анализ французского эзотеризма XIX века» (Лозанна, 1992) и др. Более подробную информацию об альманахе POLITICA HERMETICA можно узнать на следующих сетевых страницах: http://www.kelebekler.com/cesnur/txt/poler-fr.htm http://www.libroelibri.com/aged'homme.htm POLITICA HERMETICA (№17 – 2003: Actes du XVIIIe collque international: ECOLE PRATIQUE DES HAUTES ETUDES (Ve SECTION) XVIIIe collque sous la presidence d’Emile Poulat (CNRS-EHESS)Sorbonne, Samedi 7 et Dimanche 8 decembre 2002. «LA MONTAGNE MAGIQUE» (Traditionalisme – Philosophie – Culturologie) N° VIII, Moscou, 2002, RIZ «Piligrim», 404 p. La revue russe La Montagne magique consacrée à la métaphysique, la philosophie et la culturologie existe depuis 1993. Elle emprunte son nom au roman de Thomas Mann et prétend, selon l’idée directrice de son rédacteur en chef Arthur Medvedev, être une alternative au libéralisme et au conservatisme dans le contexte actuel de la presse russe. La Montagne, qui se distingue des autres publications de ce type par le volume important de ses numéros (500-700 pages) et la diversité des sujets, a l’avantage de faire connaître aux lecteurs russes les ouvrages rares et peu connus de la philosophie russe et les traductions de maîtres de la pensée étrangers. Parmi les thèmes abordés on trouve : métaphysique, ésotérisme, métahistoire, philosophie, encyclopédie du traditionalisme, iconographie, symboles sacrés, conspirologie, ainsi que des œuvres poétiques, littéraires et picturales. Les textes, d’esprit traditionaliste, ont tous une connotation ésotérique et non-conformiste vis-à-vis du monde moderne. Le trait le plus caractéristique de la Montagne magique est l’existence d’un cercle d’auteurs fidèles dont la présence permanente assure à la revue une dynamique intellectuelle : E. Golovine, R. Bagdasarov, A. Okara, V. Karpetz, V. Averianov et autres. En grande partie, ce sont eux qui ont formé le style et la personnalité authentiques de cette publication. La majorité de ses auteurs démontrent une connaissance profonde de la pensée philosophico-métaphysique occidentale. Néanmoins, une polémique constante particulière, inhérente à la plupart des textes est menée avec les auteurs français, tant antérieurs que contemporains à notre époque. Au fur et à mesure de son existence, la Montagne, dont les sept premiers numéros sont désormais introuvables, est devenue le centre d’attraction des intellectuels russes de tendance traditionaliste et des adeptes de la révolution conservative. Les premiers numéros de la Montagne magique, très représentatifs de l’atmosphère intellectuelle bouillonnante du début de la perestroïka, se distinguaient par le choix délibérément éclectique de textes d’un spectre très large – du post-modernisme au traditionalisme. Le dernier numéro paru en 2002 après une interruption de trois ans et dont le choix éditorial [se centre autour de la ligne ou repose sur la perspective?] traditionaliste, présente les textes qui alternent de manière harmonieuse, guidant le lecteur sur le chemin du discernement entre l’«information» et la «connaissance vraie». Le terme «tradition» comporte, pour la rédaction de cette revue, non pas une notion de « conservatisme » quelconque, mais plutôt les sens de Istina ou «Vérité ultime» et celui de «Connaissance primordiale». Les grandes traditions, gardiennes de ce type de connaissance, sont présentées dans les rubriques suivantes : Métahistoire – Vl. Karpetz, «Mystère sacré» (eschatologie orthodoxe) et A. Maler, «Le dernier appel d’Orphée» (idéologie de la tradition antique); Symboles sacrés – L’Homme de lumière dans le soufisme iranien et Liturgie shiite du Graâl de H. Corbin. Iconographie – R. Bagdasarov, «Dieux incongrus. Le culte des «philosophes helléniques» dans le christianisme orthodoxe» L’esprit du N° 8 de la Montagne magique est caractérisé comme «guerrier» par la critique russe qui souligne aussi son caractère eschatologique. L’esthétique eschatologique de ce numéro marque sa présence dés la première page par l’un des tableaux du cycle «Les Sept appels de la trompette de l’Apocalypse» du peintre V. Provotorov. Les reproductions de ses tableaux, dont R. Bagdasarov donne une analyse exhaustive dans son article «Les jalons du jugement dernier», accompagnent le lecteur tout au long de son «parcours initiatique» de ce numéro. La thématique de ce texte iconographique s’entrecroise avec la vision du monde moderne du philosophe et traducteur français Bernard Marchadier. Une partie de son essai «Les notes claires pour une époque fumeuse» figure dans la rubrique Philosophie et présente une approche de la modernité plutôt ironique, sans jugements arrêtés. Un axe central thématique de textes principaux se dégage des publications réunies dans ce dernier numéro de la Montagne, dont nous exposerons une brève présentation. Dans «Pour le triomphe de l’idéal faux des roses» le poète, philosophe et métaphysicien Evguény Golovine partage avec nous son analyse et sa réflexion sur la dégradation de l’homme jusqu’à la condition de la machine parfaite – l’homme moderne en tant que robot quantifié. Ce fait indéniable sert à E. Golovine de prétexte à l’étude de la stratégie de l’oppression actuelle de l’individualité humaine. Suivant la pensée de l’auteur, la sphère sociale sert actuellement de véhicule au processus formateur d’un pseudo-Moi, privant l’homme de sa singularité (Soi). Le résultat de cette manipulation : «La vie se transforme en un tournoiement insensé, en action pour l’action, en une fonctionnalité qui a en soi sa propre raison d’être. Cette vie humaine passe dans une atmosphère tendue de peurs réelles et éphémères, d’espoirs timides, de pressentiments sombres, d’une dépendance totale». Le texte, exquis et chargé de sens, est écrit dans le style de poésie philosophique qui apporte une note de clarté et affine la perception directe des réalités sombres du monde moderne. Une analyse originale de la métaphysique du Système politique du monde dans le contexte de changement d’époques culturelles après les événements du 11 septembre nous est donné par le jeune auteur Vitaly Averianov (né en 1973), le rédacteur en chef de la Revue littéraire orthodoxe. Son article « La Castration de l’hermaphrodite – la fin du post-moderne » commence par une relecture rétrospective de L’échange symbolique et la mort de J. Baudrillard, paru en 1976. L’auteur (V.A.) utilise ce texte en tant que commentaire anticipé des événements du 11 septembre et conclut qu’il y a déjà 25 ans le monde occidental avait tracé les lignes principales du déclin de l’époque post-moderne. Il en déduit que la source de cette disparition ne se trouve point dans le réseau terroriste, mais dans la culture occidentale elle-même. L’auteur prévoit néanmoins une possibilité de mutation de cette fin d’époque en troisième phase de la période post-moderne. La première phase étant la période théorique (anarchico-gauchiste, années 60-70), la deuxième période tactique étant la globalisation technologique et pluralisation ou l’illusion de l’universalisme du post-moderne bourgeois dans la fusion de tous les courants historiques (années 80-90). Dans la troisième phase le post-moderne dévoilera peut-être, selon l’auteur, son vrai visage dont on devine déjà qu’il aura une différence radicale avec l’esprit du carnaval et d’irresponsabilité des années 60. Le totalitarisme, dont les contours apparaissent à peine, pourrait en fait très bien s’armer de la «correction politique» et réaliser son idée directrice interne: l’avènement de la néo-hiérarchie, nouvel ordre des castes, contrôle total de l’individualité humaine et une programmation sociale parfaite. Post-moderne comme « règne d’ambivalence », conclut V. Averianov. Dans la rubrique « Persona » l’entretien de Maria Mamyko[1] avec l’une des plus imposantes figures du paysage ésotérico-métaphysique russe, l’auteur d’une œuvre métaphysique-clé «Orientation-Nord» Gueydar Djemal[2], aborde cette fois-ci des sujets assez intimes – amour, enfance, philosophie, guerre, qui permettent de cerner sa riche personnalité dans une nouvelle perspective et par là même de mieux pénétrer les idées de ce grand penseur de notre époque. 1. Vice-Présidente de la revue 2. Philosophe traditionaliste, Président du Comité Islamique, idéologue du «projet islamique», membre permanent de la Conférence islamique internationale de Khartum, représentant officiel (effectif) de l’Assemblée internationale «Les Gens de la Maison de Prophète» en Russie. Parmi les traductions, une découverte particulièrement intéressante fut pour le lecteur russe la publication des textes de l’auteur italien Guido De Giorgio. Son article «Le double visage de Janus et le nom secret de Rome», extrait du livre «Tradition romaine», ainsi qu’une partie de sa correspondance avec René Guénon ont fait découvrir au public russe cet auteur peu connu. La traduction de son article «René Guénon et la Quête de Dieu» avait suscité un intérêt particulier des milieux traditionalistes et, vu la prolifération actuelle des traductions guénoniennes en Russie, avait aidé le lecteur russe à percer l’énigme de l’essence spirituelle de cet auteur. Maria Mamyko avait également animé la rubrique Philosophie de la création où elle s’est faite l’exploratrice de ce processus chez E. Golovine, G. Djemal, D. Galkovski et Y. Stefanov. Le dernier auteur, un grand mystique et poète russe de la seconde moitié du XXe s., premier traducteur en russe de René Guénon a quitté ce monde un an avant la parution de ce numéro. Y. Stefanov était l’un des inspirateurs de la Montagne magique qui lui rend hommage par le texte du rédacteur en chef de cette revue Arthur Medvedev ainsi que par un essai-épitaphe de M. Mamyko. Les Comptes-rendus de cette édition sont suffisamment variés et de haute qualité. E. Golovine prononce ici son verdict sur l’authenticité du livre Psychologie attribué à René Guénon (Arché Milano, 2001) qui lui paraît douteuse. Parmi d’autres comptes-rendus on peut citer celui de Y. Soloviov sur le travail monumental de S. et T. Fominy La Russie avant la deuxième venue du Christ, Saint-Pétersbourg, 1998, 2 vol.; celui de A. Okara sur les œuvres respectives des trois philosophes allemands (Nietzsche, Heidegger, Jaspers) et sur la monographie de B. Tilak L’origine arctique dans les Védas. Le compte-rendu le plus développé est celui de V. Karpetz consacré au n° 13 de Politica Hermetica. Ce texte référentiel se trouve même déplacé dans la rubrique Métahistoire et s’intitule «Entre Babel et Pentecôte». L’auteur, qui épouse l’approche du christianisme orthodoxe, s’intéresse depuis longtemps à l’histoire secrète des familles royales de l’Occident et de la Russie et, en même temps, mène des recherches sur la linguistique sacrée en général et sur la cabale phonétique en particulier. Il remarque que le n° 13 s’ouvre par une note relative aux travaux de la conférence internationale moscovite consacrée à la langue liturgique de l’Eglise orthodoxe. Il en conclut que ce faisant, «les auteurs – en majorité les chercheurs français – volens-nolens ont accepté la priorité ontologique du Christianisme orthodoxe dans le rang traditionnel». Plus loin, Vladimir Karpetz relate l’article de Gilles Le Pape sur «Les écritures secrètes « à lunettes» comme moyen de communication avec le monde intermédiaire». Il déplore que l’auteur n’aborde pas dans son étude l’existence dans la tradition orthodoxe et dans le Moyen Age russe des représentations propres à la Russie à propos de la langue syriaque.[3] Il trouve une seule suggestion non développée sur cette problématique chez Gilles Le Pape qui indique la relation qui existe entre l’alphabet glagolitique et le monde sémitique en général.
3. Il renvoie à l’ouvrage de V. N. Toporov La Sainteté et les saints dans la culture spirituelle russe, Moscou, Gnozis, vol. 1, 1995 et à ses travaux Russie de Mirovey et La seconde race des tsars russes, où il soulève l’hypothèse de l’origine syriaque du mot rus la parenté du mot (t)sar avec les radicaux sar et sur, ainsi que l’identité des écritures soursky et rousky.
V. Karpetz note le trait caractéristique de l’approche de la langue des oiseaux (syriaque) par certains milieux ésotériques français: le rapprochement fréquent de la cabale hermétique et de la kabbale hébraïque – qui ressort de l’article de Claude Gaignebet «La langue secrète de Rabelais». V.K. souligne la typologie «super-œcuménique» d’une telle approche qui transgresse les limites de l’oeucuménisme libéralo-illuminateur, mais reste néanmoins hors de la portée de l’esprit traditionnel qui insiste sur la non-confusion des lignes traditionnelles dans le temps historique. L’article qui évoque plus de réticence chez l’auteur est celui de Marco Pasi et Philippe Rabate consacré à la «langue d’Enoch». V. Karpetz, tout en remarquant le type exégétique du travail des deux auteurs, se solidarise avec leur proposition de se démarquer des interprétations d’A. Crowley et ses disciples, fondées sur des résultats de la magie opérative et se joigne au souhait de M. Pasi et de P. Rabate d’envisager une étude des influences de la «langue d’Enoch» sur les différents mouvements ésotériques et ésotéro-politiques dans le contexte de l’héritage de R. Guénon et de R. Ambelain. De son côté, V. Karpetz propose d’élargir le spectre de cet héritage aux auteurs tels que Grasset d’Orcet et Jean Robin et insiste sur l’application d la perspective orthodoxe d’une telle étude. V. Karpetz écrit que sa tâche fut de démontrer la thématique principale de la revue Politica Hermetica qui, dans le souci de réunir dans ses pages le meilleur de la science académique et traditionaliste européenne se rapproche par sa démarche et son contenu de la Montagne magique. Enfin, on note, par rapport aux numéros précédents, l’absence des œuvres poétiques et littéraires dans le n° 8 de La Montagne magique. La peinture, par contre, est présentée non seulement par le cycle du père V. Provotorov, mais également par l’art graphique du peintre D. Vorontsov qui apporte à cette dernière édition de la Montagne son unité organique thématique et esthétique. Aminata Alenskaïa
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